OUI aux PC familles

Dire OUI aux PC familles pour lutter concrètement contre la pauvreté. Dans le cadre de la votation populaire cantonale du 10 juin 2018, Caritas Jura s’engage en faveur de l’initiative pour des prestations complémentaires familles. Un engagement qui correspond totalement aux valeurs et aux missions de l’institution de combattre la précarité par tous les moyens.

1/ Contexte :


• Les PC familles visent à proposer un complément de revenu aux personnes de conditions modestes selon un barème fixé par le canton. Les initiants estiment les coûts à 4,5 à 5,5 millions de francs par année pour toucher environ 1000 ménages pour un total de 2900 personnes. Les familles en dessous du minimum vital pourraient recevoir des compléments allant jusqu’à 1000.- par mois en fonction de leur situation de base. Les prestations complémentaires sont réservées aux familles qui ont une activité professionnelle minimale qui sera déterminée dans l’ordonnance d’application. 
 
• Les PC familles sont une mesure phare promue par Caritas Suisse pour lutter contre la pauvreté. Dans le Jura, l’introduction du salaire minimum devrait également participer à la lutte contre la pauvreté.
 
• Le contre-projet (coût 2,2 millions de francs) propose lui d’augmenter les montants pour les subsides de l’assurance maladie, sous condition de travail minimal (10'000.- annuel pour ménage monoparental, 20'000.- pour couple). Ce modèle toucherait environ 600 familles, soit 2000 personnes.
 

2 / Argumentaire pour les PC familles

 
•  Les PC libèrent la famille d’un stress et d’une pression. Les PC lui redonnent dignité et courage pour améliorer sa situation. La stabilité financière est une assise, une fondation qui permet de structurer le reste de sa vie. En cas d’accident de parcours (maladie, divorce, décès), la fragilité financière est un élément déterminant qui peut entraver les possibilités de réagir.    
              
•  Les PC familles agissent  directement sur les personnes qui sont à l’aide sociale, celles pour qui le revenu du travail est insuffisant. Cela leur permettrait ainsi de vivre plus dignement, sans devoir constamment se justifier, alors que les subsides augmentés n’auront aucun effet sur les personnes bénéficiant de l’aide sociale, celles-ci ayant déjà le subside complet.
 
• Les PC familles ont un impact sur le pouvoir d’achat, l’argent sera réinjecté dans l’économie.
 
• En sortant des familles de l’aide sociale, on sort  des enfants. Toutes les études démontrent que les enfants pauvres ont  beaucoup plus de risques d’être pauvres en étant adultes : moins de possibilités de formation, moins de lien social, difficultés diverses. Les PC familles, donnent plus de chances d’avoir des contribuables intégrés à tous points de vue.
 
• La pauvreté financière entraîne des coûts à long terme en matière de santé, de participation à la vie sociale, culturelle et de loisirs. Les PC familles peuvent être un argument déterminant pour inverser la tendance et redonner stimulation et encouragement. 
 
• Les PC familles sont mieux en phase avec la réalité. Pour les subsides, le décalage entre la situation financière vécue (une crise éventuellement) et la décision peut être important.
 
• Les PC AVS/AI ont fait leurs preuves pour diminuer la pauvreté des personnes âgées et leurs coûts dans le Jura est estimé à 37 millions de francs. Soit 7 fois plus que les PC familles.
 
• Les PC familles sont une réussite dans plusieurs cantons. Soleure, par exemple, a pérennisé un projet pilote mené sur 3 ans. La ville de Lausanne a vu son taux d’aide sociale diminuer alors que la tendance est plutôt à la hausse partout ailleurs. 
 
• Les PC familles permettent de décharger l’aide sociale qui prend actuellement en charge des « working poor », à savoir des personnes qui travaillent, mais dont le salaire n’atteint pas le minimum vital. L’aide sociale n’a pas été conçue pour ça et n’est pas équipée pour le faire.
 
• Les PC familles ne sont pas remboursables. On l’oublie trop souvent, l’aide sociale est une dette et même si il n’y a pas de de politique agressive pour le remboursement, la situation  n’aide pas à sortir de l’ornière.